EDIMBOURG, 5 juillet (Reuters) - Jaguar Land Rover (JLR)
TAMOJL.UL , le premier constructeur automobile britannique, a
déclaré jeudi qu'un Brexit "dur" lui coûterait 1,2 milliard de
livres (1,35 milliard d'euros) par an, ce qui l'amènerait à
réduire ses activités au Royaume-Uni.
"Nous avons besoin de plus de certitude pour continuer à
investir massivement au Royaume-Uni et protéger nos
fournisseurs, nos clients et nos 40.000 salariés en
Grande-Bretagne", a déclaré son directeur général, Ralf Speth,
dans un communiqué publié mercredi soir.
Les propos de Jaguar Land Rover (JLR), qui réunit deux
marques automobiles emblématiques au Royaume-Uni, font écho à
ceux d'autres sociétés qui redoutent l'impact sur leurs
activités d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union
européenne sans accord commercial.
"Le récent communiqué de JLR ne fait que réaffirmer qu'un
Brexit qui accroît la bureaucratie et qui réduit la productivité
et la compétitivité de l'industrie britannique n'est dans
l'intérêt de personne", a déclaré de son côté Tata Motors
TAMO.NS , la maison mère indienne de JLR.
Le constructeur automobile a aussi souligné la nécessité
"d'un commerce libre et fluide avec l'UE et d'un accès sans
restriction au marché unique".
"Un Brexit dur coûterait plus de 1,2 milliard de livres
chaque année à Jaguar Land Rover. Nous serions donc forcés
d'ajuster drastiquement notre profil de dépenses", a précisé
Ralf Speth.
"Nous avons dépensé environ 50 milliards de livres au
Royaume-Uni au cours des cinq dernières années et nous prévoyons
d'en dépense 80 milliards de plus sur les cinq prochaines
années. Tout cela serait compromis en cas d'issue défavorable."
TATA, LA SOCIÉTÉ MÈRE INDIENNE, MALMENÉE EN BOURSE
Ces déclarations ont contribué à la baisse de l'action Tata
sur le marché indien: en fin de séance, le titre cédait 1,67%
après être tombé un peu plus tôt à son plus bas niveau depuis
plus de cinq ans.
JLR a représenté près de 77% du chiffre d'affaires du groupe
indien sur l'exercice fiscal clos fin mars.
La Première ministre britannique, Theresa May, doit réunir
son gouvernement vendredi pour décider de la stratégie à adopter
dans le cadre des négociations en vue du départ du pays de
l'Union européenne.
Cette réunion est jugée capitale par de nombreux
observateurs en raison du flou qui continue d'entourer les
pourparlers avec Bruxelles à moins de neuf mois de l'échéance de
mars 2019, à laquelle la sortie de l'UE est censée être
effective.
Plusieurs membres du gouvernement britannique ont récemment
critiqué de grands groupes présents en Grande-Bretagne, estimant
que leurs déclarations sapaient la position de Theresa May.
Ferrovial FER.MC , le groupe espagnol spécialisé dans
l'exploitation d'infrastructures, a dit le mois dernier
envisager de transférer sa holding chapeautant ses activités
internationales d'Oxford vers Amsterdam.
Airbus AIR.PA a également mis en garde sur les
conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne,
déclarant qu'un Brexit sans accord sur les futures relations
commerciales avec l'UE l'obligerait à reconsidérer sa position à
long terme dans le pays.
Quant à l'allemand Siemens SIEGn.DE , il a jugé que la
Grande-Bretagne devait rester dans l'union douanière de l'UE,
contrairement à ce que Londres envisage.
(Elisabeth O'Leary, avec Vishal Sridhar à Bangalore
Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette
Rouillon)
Jaguar dit qu'un Brexit "dur" menacerait son avenir au Royaume-Uni
information fournie par Reuters 05/07/2018 à 10:32
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